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Kinésithérapie respiratoire et BPCO : maîtriser la réhabilitation respiratoire

  • 24 nov. 2025
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : 13 janv.


Femme qui a du  mal à respirer

Les maladies respiratoires chroniques constituent aujourd’hui un défi majeur de santé publique en France, touchant plus de 10 % de la population.

Avec près de 3,5 millions de patients concernés par la BPCO et 4 millions par l'asthme, le besoin en soins spécialisés explose.

Face à la dyspnée et l'altération de la qualité de vie, la kinésithérapie respiratoire ne se limite plus au simple désencombrement : elle s’impose comme une thérapeutique globale, validée par la HAS et l'ATS (American Thoracic Society), indispensable pour restaurer l'autonomie fonctionnelle.


 

Qu’est-ce que la kinésithérapie respiratoire moderne ?


La discipline a profondément évolué pour devenir une approche multidimensionnelle visant à optimiser la ventilation et à réduire l'impact des sécrétions.

Pour répondre aux objectifs de soin, le kinésithérapeute déploie une expertise technique variée :

  • Techniques de désencombrement bronchique : utilisation du drainage autogène, de l'ACBT ou de l'ELTGOL.

  • Réentraînement à l’effort : un pilier central pour lutter contre la désadaptation circulatoire et musculaire.

  • Entraînement des muscles respiratoires (IMT) : renforcement de la force inspiratoire pour diminuer la sensation de dyspnée.

  • Gestion technique : maîtrise de la VNI (Ventilation Non Invasive), de l'oxygénothérapie et de l'aérosolthérapie.

  • Éducation thérapeutique (ETP) : accompagnement du patient vers l'autogestion et l'amélioration de l'observance.

     

Ce que montre la science : les preuves EBP 2024-2025


Le rôle du kinésithérapeute est aujourd'hui solidement étayé par une littérature scientifique récente et robuste, qui place la réhabilitation respiratoire parmi les traitements les plus efficaces :


  • Une efficacité prouvée sur la qualité de vie : la méta-analyse de Ward et al. (Lancet EClinicalMedicine, 2025), portant sur plus de 19 000 patients, confirme que la réhabilitation réduit la dyspnée et améliore la capacité d’exercice, quel que soit le stade de la BPCO.

  • L'urgence post-exacerbation : une revue publiée dans Thorax (2024) souligne qu'une intervention précoce après une exacerbation réduit drastiquement le risque de ré-hospitalisation, un enjeu économique et humain crucial.

  • Consensus international : dès 2023, l’American Thoracic Society (ATS) a élargi les indications de la réhabilitation au Long COVID, aux fibroses pulmonaires et aux suites de chirurgie thoracique.


Les preuves scientifiques sont solides :

✔️ elle améliore la capacité fonctionnelle,

✔️ réduit la dyspnée,

✔️ diminue les hospitalisations,

✔️ et favorise l’autonomie des patients.

 

Le rôle concret du kinésithérapeute : évaluation et expertise


Au-delà de la prise en charge globale, le kinésithérapeute respiratoire réalise un bilan diagnostic spécifique indispensable pour orienter le traitement. Cette évaluation repose sur des indicateurs cliniques précis :

  • capacité fonctionnelle : mesurée notamment par le test de marche de 6 minutes (TM6).

  • Symptomatologie : évaluation fine de l'intensité de la dyspnée et de la qualité des échanges gazeux.

  • Outils techniques : mise en place de systèmes PEP/OPEP, ventilation dirigée et stratégies de "pacing" pour la gestion des efforts.


Un levier d'expertise et de développement professionnel


Pour les kinésithérapeutes libéraux, se former à ces techniques avancées permet de répondre à une demande croissante tout en valorisant leur expertise au sein du parcours de soins.


  • Spécialisation lisible : devenir une référence sur son territoire pour les pathologies chroniques (BPCO, mucoviscidose, fibrose).

  • Financement de la formation : la plupart des cursus en kinésithérapie respiratoire sont éligibles au DPC 2026 et au FIF-PL, facilitant l'accès à cette montée en compétence.



La kinésithérapie respiratoire est une compétence essentielle pour faire face à l'augmentation des pathologies chroniques. En s'appuyant sur des preuves scientifiques solides, elle permet non seulement de réduire les hospitalisations, mais surtout de transformer le quotidien des patients. Se former à la réhabilitation, c'est s'inscrire dans une kinésithérapie moderne, active et fondée sur les preuves.



 

 
 
 

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