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Syndrome de conflit fémoro-acétabulaire (FAI) : le seuil critique des 107° de flexion.

  • il y a 10 heures
  • 3 min de lecture
Une mêlée de rugby

Dans notre pratique quotidienne de la kinésithérapie du sport ou de la rhumatologie, nous nous focalisons souvent sur la perte de rotation interne comme marqueur principal du conflit fémoro-acétabulaire (FAI).

éPourtant, une étude transversale majeure* publiée en février 2025 vient bouleverser nos priorités cliniques en démontrant que la flexion de hanche est, de loin, le paramètre le plus corrélé à la qualité de vie du patient.


La flexion au cœur de la variance clinique.


Cette étude a analysé 150 patients souffrant de FAI en utilisant les données initiales d'un essai contrôlé randomisé (RCT). L'objectif était de quantifier le lien entre la mobilité de la hanche (Range of Motion - ROM) et la sévérité des symptômes évaluée par le questionnaire iHOT-33.

Les résultats sont sans appel :

  • La flexion explique 24 % de la variance des symptômes, s'imposant comme le principal moteur de l'état clinique.

  • La rotation interne n'impacte que 3 % de cette variance, un chiffre étonnamment faible au regard de l'importance qu'on lui accorde en diagnostic.

  • La rotation externe ne présente aucune association significative avec la douleur ou les limitations fonctionnelles.


Les 5 enseignements clés pour votre pratique clinique :


1. Le seuil de 107° : Votre nouveau repère pronostique


L'étude établit un seuil clinique déterminant : les patients possédant une flexion active supérieure ou égale à 107° ont une probabilité 15 fois moindre de présenter des symptômes sévères.

Ce chiffre devient un indicateur précieux pour identifier rapidement les patients à risque d'invalidité majeure.


2. L'effet de plateau à 120° : "Plus n'est pas toujours mieux"


L'amélioration des scores fonctionnels s'atténue nettement aux alentours de 120° de flexion. Inutile donc de chercher à gagner des amplitudes extrêmes au-delà de ce point ; l'objectif doit être de ramener le patient dans cette "zone de confort" fonctionnelle.


3. Les rotations : des cibles de rééducation secondaires


Contrairement aux idées reçues, la restriction des rotations n'est pas un indicateur fiable de la douleur ressentie.

Si le gain de rotation interne reste utile pour le diagnostic, le cibler prioritairement en rééducation pourrait s'avérer décevant pour réduire la sévérité des symptômes globaux.


4. Indépendance vis-à-vis de la morphologie "Cam"


Étonnamment, la taille du bump (angle alpha) ne modifie pas la relation entre mobilité et douleur.

Cela signifie que la gestion de la mobilité active est prioritaire, quelle que soit la sévérité de la déformation osseuse visible à l'imagerie.


5. L'impact direct sur les activités de la vie quotidienne


La flexion est cruciale car les gestes simples (s'asseoir, se chausser, sortir d'un véhicule) exigent entre 95° et 121° de flexion. Un déficit sous la barre des 107° impacte donc mécaniquement et immédiatement la qualité de vie du sportif et du sédentaire.


Analogie : le réglage du siège de bureau


une personnes est assise sur une chaise de bureau, de façon droite

Pour expliquer cela à vos patients, utilisez cette image : la flexion de hanche est comme le réglage de l'inclinaison d'un siège de bureau.

  • Si le siège est bloqué à moins de 107°, vous êtes penché vers l'avant et l'inconfort est permanent.

  • Une fois débloqué entre 110° et 120°, vous atteignez la position standard nécessaire pour travailler normalement.

  • Pouvoir incliner le siège encore plus loin (position allongée) n'améliore plus votre efficacité au travail ; vous avez simplement atteint le réglage fonctionnel suffisant.


Quel niveau de preuve pour cette étude ?


Il s'agit d'une étude observationnelle transversale (cross-sectional study) de haute qualité, répondant aux directives STROBE.

  • Forces : Rigueur méthodologique extrême, utilisation de données issues d'un protocole RCT, et outils de mesure validés (inclinomètre numérique, iHOT-33).

  • Limites : En tant qu'étude transversale, elle analyse des données à un instant T et ne permet pas d'établir de causalité directe. Elle montre une corrélation forte, mais ne prouve pas encore que "gagner 10° de flexion réduira mathématiquement la douleur de X points".





 
 
 

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