Rechercher

Qu’est-ce que l’exposition graduelle thérapeutique?


L’exposition graduelle


Ce billet de blog est un premier pas facile pour aborder le concept d’exposition graduelle. Outil bien utile, à notre portée, pour aider nos patients souffrant de douleur persistante à reprendre le pouvoir !

C’est la traduction d’un article écrit par Ann-Marie d’Arcy-Sharpe, blogueuse et auteure freelance écossaise, active dans les domaines de la santé mentale et de la douleur chronique, publié pour le compte du blog d’une application de gestion de la douleur, pathway.health “The Pain Relief App”.


L’exposition graduelle allie les connaissances du thérapeute concernant les sciences de la douleur et ses qualités de communicant afin de réassurer ses patient(e)s, augmenter l’alliance thérapeutique, l’accompagner dans l’élaboration d’exercices thérapeutiques ou dans la reprise d’activités.



Avec l’aimable autorisation de pathway.health et de son auteure, merci à eux.



Lien vers l’article : https://www.pathways.health/what-is-graded-exposure-therapy-and-how-can-it-help-chronic-pain/





Qu’est-ce que l’exposition graduelle thérapeutique et comment peut-elle aider à la prise en charge de la douleur chronique ?


L’exposition graduelle aide à faire face à ses peurs de manière progressive. Elle peut être utilisée pour toutes sortes d'anxiétés, mais est souvent employée pour briser le cycle de la douleur en luttant contre les habitudes de peur/évitement qui accompagnent si souvent la douleur chronique.


Peur et évitement

Vivre avec une douleur chronique est difficile, il est donc naturel de chercher à éviter qu’elle empire. On pense souvent que se reposer et éviter les situations qui provoquent la douleur aident leur corps à guérir, alors qu’en fait, c’est l’opposé qui est vrai. Plus nous évitons les activités qui déclenchent la douleur, plus nous y devenons sensibles, et plus notre vie est limitée.


Les patients ont tendance à “catastrophiser” à propos de leur douleur, c’est-à-dire qu’ils commencent à s’inquiéter et à imaginer le pire - exemple : “La douleur ne partira jamais”. Les patients peuvent devenir hypervigilants aux sensations physiques et douloureuses. Au fil du temps, le système nerveux devient sensibilisé et conditionné à créer de la douleur en se basant seulement sur des pensées, des ressentis ou des situations.


La peur-évitement devient alors un comportement défavorable, une attitude non adaptée. Certes, éviter les choses qui nous effraient peut réduire la peur à court terme, mais à long terme cela l'aggrave, essentiellement en transmettant au cerveau le message, et en renforçant l’idée que ce que nous avons évité “devait” provoquer de la douleur.





L’évitement dans les situations de douleur chronique peut provoquer une perte de confiance en soi, un isolement social, une baisse de l’activité quotidienne et par conséquent, mène souvent à la dépression et à l'anxiété. Cela nourrit la douleur et les cycles de stress, les muscles deviennent plus faibles, et les activités évitées deviennent de plus en plus difficiles à effectuer pour le corps, et font empirer la douleur chronique.


Cette étude[1] explique que : “ à long terme les comportements d’évitement ont hypothétiquement des conséquences psychologiques (hyperalgésie et dépression), physiques (limitations des performances physiques et syndrome de non-utilisation ( "disuse syndrom") ) , et sociales (incapacité chronique)”. Mais casser ce cercle est possible, et l’exposition graduelle thérapeutique est un outil que les patients peuvent utiliser pour s’aider à le faire.


Qu’est-ce que la Thérapie par l’exposition graduelle ?

La thérapie par l’exposition graduelle combine des techniques des thérapies cognitives et comportementales pour provoquer un recyclage, un reconditionnement du cerveau, lui apprendre qu’il n’a pas besoin de générer de la douleur en réaction à des situations spécifiques et à des mouvements. Pour la douleur chronique, cette exposition graduelle est généralement effectuée en faisant vivre la situation, c'est-à-dire en mettant le patient face aux situations qui l’effraient, plutôt qu’en utilisant l'imagination ou la visualisation comme lors de l’imagerie motrice graduelle.


Cela casse l’association que le cerveau du patient a construite entre une peur et un mouvement spécifique, en introduisant doucement le mouvement qui était jusqu’alors évité. Avec cette introduction douce, le cerveau génère une information plus positive en retour, il montre que le mouvement ne provoque pas de douleur et qu’ainsi il n’a pas à être effrayant.

Au fur et mesure que le mouvement est exécuté sur des amplitudes plus importantes et sur un temps plus important, le patient gagne en confiance et le cerveau apprend qu’il peut effectuer ce mouvement sans provoquer aucune douleur.


À partir de là, des situations plus compliquées et difficiles peuvent être abordées. Cette étude[2] explique que “l’exposition s’effectue de manière hiérarchique, en proposant des activités et des exercices de plus en plus effrayants”.



Les étapes de l’exposition graduelle


- Education aux neurosciences de la douleur :

Avant de pouvoir commencer la thérapie par l’exposition graduelle, il est essentiel de comprendre comment la douleur est créée et pourquoi cette thérapie fonctionne. Il est important de comprendre pourquoi l’évitement est un comportement maladaptatif pour comprendre le besoin de casser ce cercle.


Classiquement, avant de commencer, les patients bénéficieront de quelques sessions pour leur apporter cette connaissance. Non seulement pour les amener à mieux comprendre leur douleur, mais aussi pour connaître la science qu’il y a derrière afin d’augmenter leur confiance en la thérapie et leur donner les outils avant de la commencer. Cette étude[3] indique qu’avant le début de thépeutique “une phase préparatoire intensive d’éducation aux neurosciences de la douleur est requise”.


- Identifier les situations génératrices de peur

La première étape est d’évaluer et de lister les situations évitées à cause de la peur de la douleur. Cela doit être individualisé à chaque personne, plus c’est détaillé mieux c’est. Le thérapeute va généralement guider le patient à travers les différents aspects de la vie pour identifier quelles situations ont été évitées et faire éclore des souvenirs.